Je me souviens...

Chercher à comprendre...
Roland DIONET – 64 2/B – CCS – Magasinier à l'Atelier du Corps

Chercher à comprendre, c’est commencer à désobéir

J'ai relu, avec beaucoup d'intérêt, le parcours militaire de notre camarade tringlot Jean Delamare de la 63 2/A qui nous a quittés l'an dernier. Il nous raconte avec beaucoup d’humour ses classes à Laon, ses camarades, ses mutations, l’annonce de sa désignation pour les pelotons. Je le cite : Au cours d’un bref entretien avec mon capitaine, il m’informe que je suis inscrit avec 3 autres pour la formation de sous-officier qui commence le 6 janvier à Blida. Malgré mes protestations et comme il est plus fort que moi, je préfère m’incliner. Il dit également : il y aura donc un sous-officier dans la famille. À relire sur un de ses nombreux sites, dont : http://classe1964.chez.com/ (rubrique Le centre d’instruction pour son parcours militaire).

Natif d’une famille que l’on pourrait qualifier de militariste : grands-pères anciens combattants de la grande guerre, sous-officiers, pères et oncles anciens combattants de la seconde guerre, officiers et sous-officiers (je ne suis sûrement pas le seul de notre génération dans ce cas).
Je me suis retrouvé à faire la préparation militaire à 17 ans, tôt le dimanche matin, sans plus d’emballement que cela, mais la tradition familiale !!! En bref, je faisais des pré-classes, mon père l’avait décidé ainsi, point.

Après mes trois jours à Cambrai, j’ai eu un entretien avec un capitaine, eh oui, je connaissais déjà les grades. Lors de cet entretien il m’a informé de mes bons résultats aux tests, de plus avec ma préparation militaire, je le vois encore écrire en gras sur mon dossier : S.O.R. (sous-officier de réserve). Ensuite il m’a demandé mes préférences, déjà briffé par la famille, je lui réponds le Génie en métropole. J’avais à Valenciennes, au BSN, un cousin militaire de carrière influant qui devait faire le nécessaire pour mon affectation (pas beau le piston).


Quelques jours après mon arrivée à Laon, je demande une entrevue avec le commandant de compagnie pour lui faire part de mon intention de faire les pelotons et de se pencher sur mon dossier. Réponse rapide : il n’y à pas de pelotons prévu pour la 64 2/B (circulez il n’y à rien à voir). L'entretien a bien duré je dirais au moins 1 minute, voire 1 minute 30.
Ensuite mon Génie en métropole s’est transformé en Train au Sahara.


Heureusement pour moi que les trois jours à Cambrai s’étaient bien passés, que mon cousin s’était bien occupé de mon dossier, sinon je me demande où j’aurais été affecté ???
Mais, avec du bol, je me suis retrouvé magasinier à l’atelier du corps, avec le Mdl-chef MROZINSKI, dit Popov. Le rêve, je n’ai plus jamais rien demandé à personne, j’étais trop bien là où j’étais. Je ne regrette rien, si peut-être les grasses matinées perdues le dimanche matin pour la PM, à 17 ans dur, dur.

Contrairement à notre regretté camarade Jean, je suis le dernier dans la famille à ne pas avoir été sous-officier, mais, distingué 1ère classe, sans avoir été plus méritant que mes camarades. Comme me disait très régulièrement mon chef Popov : cherches pas à comprendre...

Roland DIONET – Mars 2009