Guy MORVAN
Appelé du contingent 62/2
Hôpital – Infirmier


Les photos et légendes sont de Guy MORVAN

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Guide d’accueil à Reggan-Ville
Dans quel pays vivons-nous ?...

 

La saga de Papyguitou

    Je commence ce petit journal, pour relater quelques souvenirs de 45 ans déjà, alors que j’ai l’impression que c’était hier !
      Je suis de la 62/2. Départ pour le service le 2 mai 1962 pour Bremgarten en Allemagne, passage, fin juin au Camp Sainte-Marthe à Marseille et départ pour Alger le 3 juillet 1962 où j’ai fait l’évacuation sanitaire des pieds-noirs et des militaires malades à Maison-Blanche, puis Blida.
      Pour devenir infirmier, un concours était organisé et en fonction des résultats on pouvait choisir son affectation.
Une question, non éliminatoire, était : « combien une vessie peut elle contenir de liquide ? » (Attention à la réponse, vous avez été soignés par cet infirmier !), il a été répondu… 7 litres de sperme !!! Bravo et j’ai choisi de partir à Reggan, je pensais que c’était plus tranquille.
      J’ai donc pris position à l’infirmerie de l’hôpital, infirmier de piste avec les pompiers.
Nous avions un adjudant qui élevait des pigeons pour les déguster au départ de la 62/2. Avec un pompier – qui se reconnaîtra – nous en avons dégusté 2 et caché les os et les plumes chez la population locale, heureusement car les poubelles ont toutes été fouillées. Il avait bien des doutes sur nous, mais pas de traces… même de la boite de petits pois.
      Ceux qui étaient présents au début 1963 avaient été prévenus qu’une vedette arrivait au cinéma et c’était Eddy Mitchell. Bien sûr j’étais consigné et ne pouvais pas assister au spectacle, à ma grande déception, moi qui faisais des concours de rock-and-roll. Et, bien qu’il arrive malade et vient se faire soigner accompagné de son imprésario… il ne pouvait pas chanter, ayant mal à la gorge. Seul avec lui jouant au poker avec ses comprimés il me dédicace : « à mon sauveur et infirmier ». J’en rigole encore, car le spectacle fut annulé pour tous !!! Et moi je jubilais d’être avec lui.
      Mais il me reste des choses bien, grâce aux pompiers. Quand je me lève, mes pieds entrent directement dans mon pantalon et dans mes chaussons les yeux fermés… ça sert l’armée.
       Avec mon capitaine MERY, médecin de l’hôpital, je me suis promené dans une grande partie du désert, à la recherche de civilisation. J’ai ramené de nombreux souvenirs comme des pointes de flèches et des os pétrifiés que j’expose avec des outils d’époque dans des classes primaires, avec mon scorpion et ma tarentule. Mon dob, lui, n’a pas fait de vieux os : exposé dans un école, il s’est échappé dans la neige et, pour le réchauffer, la prof, pensant qu’il avait froid, l’a déposé sur le radiateur où il a rendu son dernier soupir au chaud.
       J’ai fait 15 jours de rab pour avoir fait la visite de libération de ma classe. Je disais : « tu vois bien, tu entends bien ? », tous m’ont dit oui…mais certains avaient un problème et le toubib s’en est aperçu… visite trop rapide.
      Voilà ma petite saga, on ne se souvient que des bons moments.
      À tous, veuillez accepter mon meilleur souvenir et si vous êtes encore en vie à ce jour c’est que je vous ai bien soigné !!!
      Tchao !
Une partie de mes courriers (1 à 21 lettres... par jour)
... à celle qui est toujours ma compagne


Bremgarten
Je suis sous la poignée avec le calot sur les yeux avec mon copain de couleur à coté de moi.
Nous coupions les cheveux, avec ma tondeuse, pour ne pas retourner chez le coiffeur.
La coupe devais être à 1 franc... j’avais déjà la bosse du commerce
Blida
Les moustaches arrivent...
Je les porte depuis le jour où j’ai posé le pied en Algérie
Ouverture d’un colis dans la chambrée.
Tout le monde rigole, il y avait des pommes...
et nous écoutions « j’entends siffler le train »


Père Cent de la 62/2