Christian THÉRY
1ère Compagnie
Maréchal des logis – Chef de rame
puis
Maréchal des logis-chef – Adjoint au chef de peloton GBO

Les photos, légendes et anecdotes sont de Christian THÉRY

Pour agrandir la photo : clic sur la miniature et après visualisation : clic sur le bouton «Précédente» du navigateur pour revenir sur cette page

 
Groupe de Circulation Routière 601
     Appelé avec la classe 58 1/C le 5 juillet 1958, avec mes compagnons, nous voilà arrivés dans une caserne à Amiens afin d’y passer la visite médicale. Le dispatching des futurs soldats est ensuite effectué dans les différentes affectations, en Allemagne, au Groupe de Circulation Routière 601. Nous formons un groupe d’environ 50 hommes dirigés par train militaire, après une nuit sans sommeil, sur Offenburg pour une durée de 14 mois, qui se déroulent comme suit :
– deux mois de FCB (Formation Commune de Base)
– deux mois de CFCB (Complément de Formation Commune de base).
L’après-midi est consacrée à la FRAC (Formation Rationnelle Accélérée de la Conduite).
À l’issue de ces classes, je suis désigné pour suivre le stage de radiotélégraphiste à Horb mais n’étant pas doué pour l’apprentissage du morse et ne faisant rien pour l’apprendre, je rejoins le GCR 601 et vaque à plusieurs tâches : magasinier d’armes, serveur au mess Officiers...
Nommé 1ère Classe le 1er mai 1959, je suis affecté, sur ma demande, au peloton CA 1 (Certificat d’Arme 1er degré). Reçu honorablement, je suis nommé brigadier le 1er juin 1959. Il était de coutume d’aller à Mutsingen, une dizaine de jours, pour ce que nous appelions les classes AFN : crapahut, lancer de grenades, tir à l’arme lourde etc. Il n’y faisait guère très chaud à Mutsingen qui était appelée la petite Sibérie.
Le 12 septembre 1959, direction le très connu Camp Ste Marthe par train de nuit.

Brigadier à Offenburg devant un Unimog,
l’étui à pistolet était le signe de
reconnaissance du brigadier de semaine
Ma pomme !
Manœuvres à Mutsingen en Allemagne
Départ du GCR 601
en perfection moto
… déjà le virus !
Et glou et glou !
Foyer du GCR 601

----------------------======0000O0000======--------------------

Compagnie de Circulation Routière 285

Nous embarquons le 13 septembre 1959 sur le paquebot « Foch » direction Oran où nous débarquons le 16 septembre 1959.
Là, des camions – oh combien confortables... – nous emmènent à Georges-Clemenceau (La Stidia) où se trouvent la Compagnie de Circulation Routière 285 composée comme suit :
– un Peloton à Mascara
– un Peloton à Relizane
– un Peloton à Inkerman
L'ensemble rattaché à la 5ème DB.
La C.C.R. avait bien d'autres missions qui n'étaient plus du domaine de la circulation routière proprement dite. Par exemple :
– la Harka N° 1 commandée par le M.D.L./Chef LAMBERT, basée à l’Hillil, cantonnée dans les locaux de la ferme appartenant à M. BONAL
– la Harka N° 2 commandée par le M.D.L./Chef PADERNE, basée à Clinchant, cantonnée dans les locaux d'un ancien garage.
– la Harka N° 3 (je ne me souviens plus du nom de son chef), basée à Inkerman.
À notre arrivée à Georges-Clemenceau, nous sommes passés devant le Capitaine FORAND (que nous appelions le père Forand !!!) et me voilà affecté à la Harka N° 1 et par la même occasion, de circulateur, me voilà transformé en biffin.
La Harka N° 1 forte de 30 hommes, divisée en 3 groupes de 10 supplétifs, comprenait un S/Officier d’active, un M.D.L. adjoint, un B/C et un Brigadier, tous trois du contingent. Notre mission consistait à surveiller de jour et de nuit la voie ferrée afin de détecter les éventuels sabotages, mines etc. du point kilométrique 308 au point kilométrique 325 soit 17 km sur les traverses de chemin de fer !!! Pas marrant avec des embuscades en des points bien définis et connus des troupes amies.
Le Peloton basé à Relizane, en plus de ses fonctions de circulation, possédait deux draisines, l’une dite « voie normale » qui circulait uniquement la nuit de Nouvion à Charon et la deuxième draisine, dite « voie étroite » circulant, de Relizane à Tiaret, uniquement de jour. L’équipage d’une draisine était composé d’un chef de bord, d’un conducteur (formé par la Cie des chemins de fer algériens), d’un tireur au F.M. et d'un radio.

La ferme BONAL
La salle de bains
ferme BONAL
Au lavorama à la harka
Entrée de la ferme BONAL
Moment de détente
Dégustation de petits escargots gris préparés par MADRESITA
La tenue de soirée, ferme BONAL
Piquet d’honneur à l’entrée
de la ferme BONAL pour l’inspection
du capitaine FORAND

Maniement d’Armes avec
un groupe de harkis
Le chef de harka,
le MDL adjoint GRIEU
et le 3ème ???
Le chef et le brigadier ou brigadier-chef à l’Hillil
À bord de la draisine,
voie normale
À l’intérieur de la draisine, voie normale, devant l’ANGRC9
La gare de Relizane
En patrouille de jour


Le 1er novembre 1961 je suis autorisé à coudre les galons de brigadier-chef. Arrive le stage CA 2 et je suis nommé MDL le 11 janvier1962.

Avec des copains du
stage CA2 à Oran

----------------------======0000O0000======--------------------

Cette photo réunit le passé et le présent
l'amour de ma vie et une grande amitié entre deux hommes
qui ont vécu des moments forts dans un beau pays, mais en guerre, l'Algérie.
Jacqueline LAMBERT
Janvier 2009

----------------------======0000O0000======--------------------

Compagnie de Circulation Routière 254

La CCR 285 est dissoute pour devenir Compagnie de Circulation Routière 254 le 1er juillet 1962. À noter que la CCR 254 disposait du CSLM (Commissaire de section de ligne militaire tenu par le MDL Pierre GOMMEL décédé depuis.

----------------------======0000O0000======--------------------

Centre d’Instruction du Train 152


Là, à mon grand regret, je quitte l’Algérie pour le Centre d’Instruction du Train 152 à Laon le 1er mars 1963. Mais l’appel du grand Sud Algérien est plus fort et le 1er novembre 1964, je prends l’avion de Istres à Mers el-Kébir... en très confortable Noratlas 2501 !!!

----------------------======0000O0000======--------------------

3ème Groupe de Transport

Le 4 novembre 1964 direction Bous-Sfer et, le jour même, embarquement pour Colomb-Béchar et arrivée au 3ème Groupe de Transport.
Le 22 décembre 1964 nous quittons Béchar pour Reggan Ville, au bordj des Sénégalais, à la 1ère Compagnie.
Le 2 mai 1967 nous quittons Reggan direction Béchar jusqu’au 23 août 1967 date à laquelle nous embarquons à bord d’un Breguet deux ponts (ou un Breguet à Dupont comme aurait dit DENIÉ !!!).
Le bâtiment à gauche c'est l'atelier 1er échelon A de DENIÉ
Le gus c'est ma pomme en habit du dimanche avec 44 ans en moins !


Tir au MAS 49-56
maintenant il est plus âgé...
Bordj des sous-officiers
MOUROT et ma pomme

Le parc derrière
le Bordj Estienne
En compagnie d'un lieutenant
(Chagnard ?)
La fameuse NORTON avec laquelle j'ai fait le trajet Reggan-Istres en Noratlas 2501 et ensuite par la route jusque dans le Pas-de-Calais... Une belle balade !

Voilà la nouvelle machine en 2007

----------------------======0000O0000======--------------------

Groupe de Transport 515
Arrivés à Bordeaux, des cars nous emmènent au camp de la Braconne pour former le Groupe de Transport 515.

----------------------======0000O0000======--------------------

Centre d’Instruction du Train 151
à Montlhéry
Centre d’Instruction du Train 151
à Fontainebleau
Le 1er novembre 1967, je rejoins le Centre d’Instruction du Train 151 à Montlhéry. Nous déménageons de cette ville pour prendre nos pénates à Fontainebleau.

----------------------======0000O0000======--------------------

Groupe de Transport 525
 Pour me rapprocher de mon Pas-de-Calais natal je débarque au Groupe de Transport 525 à Arras le 1er juillet 1973.
Le GT 525 à Arras.
Remarque : le chef de peloton
n’a pas retroussé ses manches !!!

----------------------======0000O0000======--------------------
Après 15 ans et demi de service, je décide de quitter mes activités militaires. Admis à faire valoir mes droits à la retraite je suis rayé des contrôles le 1er mai 1974.
Voila mon parcours militaire. Il m’arrive bien souvent de penser à cette Algérie que j’ai aimée et à mes harkis qui furent tous des hommes francs et loyaux pour la France. Tout cela représente beaucoup de bons souvenirs.
Il régnait au 3ème GT une camaraderie réelle et une discipline qui nous paraissait à tous normale grâce aux cadres et aux appelés courageux fiers d’être sahariens et de porter le képi bleu.
----------------------======0000O0000======--------------------

Quelques anecdotes

Le képi
J’étais instructeur pour le démontage, remontage et le fonctionnement de la mitrailleuse lourde de 12,7 mm. Lors des séances de tir je m’occupais donc de l’installation et du réglage de la mitrailleuse. Quand j’étais prêt j’en avisais l’officier de tir, le lieutenant PICASSETTE ce jour-là, et la première rafale était tirée par moi-même au cas où il y aurait eu un accident de tir dû au mauvais réglage. Le lieutenant me dit :
– « nous allons voir si vous tirez bien, je vais mettre mon képi à 250/300 mètres et vous le prendrez pour cible ».
Je tire donc ma première rafale en visant le képi et voilà le couvre-chef qui fait un bond : résultat des trous et la jugulaire cisaillée, de ce fait, pendante. La séance de tir terminée le lieutenant et nous-même rentrons au cantonnement, le lieutenant avec son képi en mauvais état sur la tête… et qui voyons-nous arriver, le colonel SICHLER qui regarde PICASSETTE et le questionne, la réponse ne se fait pas attendre :
– « C’est THÉRY mon colonel ! »
– « Ah ! Je ne suis pas étonné !!! »

Les cuisses de grenouilles

Lors de notre retour de Béchar à Oran nous avons fait gîte étape dans une palmeraie et, le soir, étant couché, j’entends des grenouilles. Je prends 2 ou 3 gars avec moi et armés de lampes de poche nous voilà à la chasse aux grenouilles, nous détachons les cuisses en espérant faire un festin le lendemain midi. Je vois donc le chef de cuisine, lui explique la situation et lui demande du beurre, de l’ail, du persil et qui j’entends derrière un camion ?... le colonel en train de se raser et de me dire :
– « Alors THÉRY on va manger des cuisses de grenouilles sans inviter son colonel ? »
Inutile de vous dire que je me faisais tout petit !!!

Le lieutenant MERLE

Chaque samedi matin après l’envoi des couleurs les chefs de peloton présentaient leurs hommes au colonel et de ce fait le saluaient. J’avais remarqué que le lieutenant MERLE avait l’habitude de saluer, non pas les 5 doigts joints, mais l’auriculaire nettement détaché des autres doigts et je m’étais promis de lui dire un jour où l’occasion se présenterait. Il n’en revenait pas et m’a promis de remédier à ces faits par la suite. Et bien entendu quand je croisais le lieutenant dans la cour je m’empressais de le saluer de cette manière en rigolant !!!

Le maréchal des logis MORONVALLE

Au peloton de la 1ère Compagnie il y avait le maréchal des logis MORONVALLE qui était parti sur Béchar avec des GBO et, arrivé à un certain endroit la route était barrée pour cause d’inondation, donc obligé de changer l’itinéraire et passer par KERSAZ un gentil petit village avec dans le milieu la place publique. Vu le temps, un couturier du coin avait installé sa machine à coudre sur la place du village et notre ami MORONVALLE n’avait pas vu cette machine à coudre et de ce fait est passé dessus avec le GBO. Compte-rendu immédiat par radio à Reggan où le colonel SICHLER ne comprenait pas ce genre d’accident… plutôt rarissime.

Toujours MORONVALLE, mais cette fois au Bordj des Sénégalais. Voulant faire démarrer un GBO, avec des batteries un peu faibles pour un moteur aussi puissant, il décide de mettre un peu d’essence dans le grand filtre à air doté d’une grande cheminée. Il fait démarrer le véhicule mais un bruit infernal se produit, accompagné d’une grosse fumée, et le moteur de tourner à… l’envers. Manque de chance le capitaine MANGEON présent dans la cour arrive et se pose bien des questions sur cet incident !!!

Le GBO en prise d’air

Une autre fois un peloton GBO de la 1ère Compagnie revenait de mission de Béchar et il était de coutume que le capitaine et le chef de peloton attendent l’arrivée du convoi. Le capitaine MANGEON remarque un GBO en remorque suite à une panne (prise d’air) et de demander au chef de convoi ce qu’il avait, il lui répond :
– « le GBO est en prise d’air mon capitaine ! »
Voilà MANGEON qui tourne en rond, en agitant les bras, et répétant plusieurs fois :
– « prise d’air, prise d’air »
et d’ajouter :
– « avez-vous déjà vu un avion tomber en prise d’air ? »
... fou rire général…

Le film du soir

Au rapport du midi le sous-officier et le brigadier de semaine annoncent les différents services : gardes, consultants et le film joué le soir même au cinéma en plein air.
Le titre du film était : « LE BOUC ÉMISSAIRE » mais le brigadier ayant mal interprété le titre annonce à la Compagnie : « LE BOUQUET DE MISÈRE »
… fou rire général au rapport en commençant par DENIÉ !

L’adjudant BILLÉ

Nous voyons l’adjudant BILLÉ de la CCS revenir de permission avec sa valise et… un lancer, une canne pour la pêche. Nous l’avons regardé en nous posant des questions et de nous dire que « la rivière souterraine était garnie de poissons » ! Et nous l’avons vu un dimanche assis sur le rebord d’une foggara trempant son fil de pêche. Nous nous sommes encore demandé si tout tournait bien dans sa tête ! Inutile de dire qu’il a été bredouille !

Les chansons

Une chanson avait été faite par PERROTIN notre imitateur. La 1ère phrase était « au galop papa, au galop, dans la vallée » en parlant du colonel GALLOT-LAVALLÉE.
Une autre chanson sur l’air des colonies de vacances de Pierre PERRET c’était : « les jolies colonies sahariennes, merci SICHLER merci BELAIR » etc. etc. et tout cela était raconté avant le repas au mess en surveillant si le colonel ou le commandant n’arrivait pas et toujours dans un fou rire général. Le commandant BELAIR parlait un peu comme Darry COWL !

PS : J’espère que les officiers et sous-officiers ne m’en voudront pas d’avoir dévoilé ces anecdotes plutôt amusantes.


Retrouvailles

Serge OMISSUS et Christian THÉRY
le 4 septembre 2008
à OIGNIES (Pas-de-Calais)