CENTRE ADMINISTRATIF SAHARIEN

 

 

Reggan-ville

     Lorsque vous arriverez à Reggan par la piste dite « impériale » vous ne trouverez pas grand chose de bien original.

Un ancien du Touat penserait même que cette piste est toujours aussi abominable et la paysage aussi peu réjouissant...
      Il y a bien, au loin, des constructions métalliques qui brillent au soleil et deux châteaux d'eau qui dénotent une présence insolite. Comme ces Vautours à réaction qui sillonnent le ciel et font lever la tête aux ksouriens interdits...
      Le nouveau venu se réjouira du scitillement et du bruit car, pour lui, Reggan c'est la bombe, c'est l'atome, la base secrète et inaccessible où des techniciens en casquettes bariolées préparent quelque engin mystérieux. Pour la majeure partie des gens aussi d'ailleurs, il faut bien l'admettre, Reggan n'est pas autre chose. Parlait-on de Reggan il y a deux ans à peine ? Certes ce dernier relai vert avant le Tanezrouft ne présentait qu'un intérêt très retreint... Mais, depuis deux ans, il y a autre chose..., une petite ville est née, s'organise, se développe et c'est Reggan-ville, par opposition au Reggan-plateau des atomistes, que nous allons vous présenter.
     De l'ancien bordj militaire, posé comme un cube sur l'immensité plate,

il a fallu faire un Centre Administratif Saharien doté d'un personnel européen et musulman quelquefois chargé de famille.
C'est ainsi qu'est née la cité administrative,

avec ses villas,

son tennis,

sa piscine,

ses jardins...

     Puis, vinrent se poser les multiples problèmes de l'urbanisme que connaît chaque centre en expansion. Transformer le petit ksar de Tinoulef Qdima...

Tinoulef en juin 1958

en un ensemble cohérent susceptible de porter sans rougir le nom de Reggan-Ville,

Place de Reggan-ville, faces sud et ouest. Novembre 1960

lotir des terrains pour permettre à de nombreuses compagnies civiles de s'installer...

Il a fallu même délimiter et protéger les cimetières

que les bulldozers et les semi-remorques, à la fantaisie des chauffeurs, semblaient choisir comme terrain de manœuvre.
      La présence soudaine de tant d'activités nouvelles rendit obligatoire la création d'une agence postale

qui vit les mouvements de fonds débuter à quinze millions de francs par mois.
      Une porte monumentale encadrée d'arcades

donne à la nouvelle place un cachet particulier.

 

Il fait bon flâner devant
les nouvelles boutiques...
shopping au Sahara.

Sur la place de Reggan transitent tous les produits soudanais depuis le mouton haut sur pattes jusqu'à la pacotille des articles touareg pour néo-sahariens.

      Amorçant la dernière façade, la mairie, symbole de l'évolution des institutions administratives du grand désert.

     Évolution aussi, mais si difficile, si lente, si pleine d'embûches que celle des femmes musulmanes qui viennent de plus en plus nombreuses au Foyer féminin.

C'est le Commissariat à l'Énergie atomique témoignant sa reconnaissance à la population des environs de Reggan qui, par son aide financière, nous permit de réaliser ce bâtiment.


Le réseau des séguias n'était pas plus que le reste à la mesure de la nouvelle cité et certaines d'entre elles furent cimentées, d'autres mises sous buses sur des longueurs approchant trois kilomètres.
Et déjà, un château d'eau de trois cents mètres cubes a été demandé ; l'électricité va être distribuée dans la ville et les palmeraies d'ici six mois.

     Le quartier des mokhazenis du C.A.S. se construit en toute hâte.

Un dispensaire de la Sécurité sociale va être mis en chantier et sera à la disposition des ouvriers des palmeraies assujettis à la Sécurité sociale... Quinze mille d'entre eux travaillant pour la C.S.E.M. sont déjà passés, au cours de relèves, au bureau de main-d’œuvre du C.A.S... Brassage des particularismes tribaux.

Patio du Foyer féminin

     Problèmes nouveaux, activité modernes, enthousiasme des uns, scepticisme des autres, Reggan-Ville est née, se développe, s'adapte et, avec l'aide de Dieu, peut devenir un centre qui comptera parmi les plus importants du Sahara de demain.
                                                                          Le Capitaine Chef du C.A.S. de REGGAN
                                                                                              Signé : R. MICLOT


Sources : Guide d'accueil à Reggan-Ville (Guy MORVAN)